Compagnie Alain Germain

Le Triomphe de la Vertu
Opéra d'Adrienne Clostre

Création mondiale
9, 10 et 11 juin 1999

Presse et Photos


Mystère moderne pour art roman

"Après les Arts et Métiers, la mystique du moyen-âge !
Alain Germain, architecte, chorégraphe, musicien, rêveur de costumes, est un empêcheur de scénographier en rond.

Rares sont les artistes qui survivent à leur refus de se voir poser une étiquette sur le dos... Mais depuis une trentaine d'années, Alain Germain est constamment là où on ne l'attend pas, passant d'un métier du spectacle à l'autre, animant des surmarionnettes dans de drôles de costumes, chorégraphiant des cérémonies idéales de la Révolution Française. Alain Germain veut offrir une dimension imaginaire à l'aventure scientifique...

Quels sont les autres metteurs en scène qui travaillent avec les Arts et Métiers, les Ponts et Chaussées, la Cité des Sciences et de l'Industrie ?
     
Sa grande force: retrouver les archétypes de notre imaginaire technologique dans les machines spectaculaires du passé.
Même très ancien: farce religieuse du moyen-âge, Le Triomphe de la vertu met en jeu un dispositif qui rappelle le théâtre musical expérimental des années 1970. Malgré l'absence d'éclairages dignes du spectacle, les étranges costumes du Mystère médiéval sont autant de machines qui transforment mieux le jeu des chanteurs que le morfing informatique - car sans ridicule, il est si difficile de marcher sur des cothurnes, ces tragiques échasses !
     
La naïveté de l'histoire (« racontée aux enfants », par la compositrice elle-même) est contrebalancée par la précision du dispositif, et surtout par la très grande qualité des chanteurs, tous excellents:
l'Empereur Jacques Bona, le « méchant » Andreas Jäggi, la jolie Cyrille Gerstenhaber et sa consoeur Donatienne Michel-Dansac - sans oublier la « fausse-fille », le contre-ténor Alain Aubin.
La musique d'Adrienne Clostre est un mélange très efficace de styles repérables de la musique contemporaine de Messiaen à Ohana - efficace en terme de théâtre, c'est l'essentiel. En moins d'une heure et demie, le public ne s'ennuie pas une seconde - et dans la musique contemporaine, c'est si rare !
     

Paradoxe: il y a vingt ans, Adrienne Clostre a composé un opéra sur la vie de l'Empereur Julien l'Apostat, le dernier ennemi païen de l'Eglise; or c'est ce Triomphe de la vertu, opéra chrétien, qui bénéficie du cadre antique des Thermes de l'Empereur Julien au Musée de Cluny - pauvre empereur ! Derrière les musiciens, sa statue fait grise mine.
En fait, oeuvre comique et sacrée de dimensions légères (trois instrumentistes, cinq chanteurs, deux comédiens), Le Triomphe de la vertu est conçu pour une église romane, comme il en existe tant en Poitou-Charentes.

Avis aux programmateurs !"

     
Christophe Deshoulières.
Centre Presse, Le Courrier de l'Ouest, Presse Océan, Le Maine Libre, L'Eclair

 

 


Le Triomphe de la Vertu

"Cet opéra en forme de miracle médiéval est l'une des six comédies que la nonne et poétesse Hrotsvitha écrivit en bas-latin il y a environ dix siècles. Ces oeuvres, qui avaient la prétention avouée de rivaliser avec celles du poète comique latin Térence (dont Molière s'est souvenu pour Les fourberies de Scapin et pour L'Ecole des femmes) sont des nouvelles dialoguées, dans lesquelles on retrouve les thèmes éternels de l'arbitraire, de l'assujettissement des femmes à la brutalité des hommes, de la Justice immanente du Ciel.

     
Pour nous résumer: trois vertueuses fillettes prénommées Irène, Agapè et Chionie vont avoir fort à faire pour se soustraire au mariage que leur impose l'empereur romain Dioclétien (grand persécuteur de chrétiens devant L'Eternel) et pour défendre leur vertu contre les assauts du cruel gouverneur Duicitius, un homme vil et libidineux. Ce serait sans compter sur l'intervention de la Providence et de toute une cohorte d'anges purs et radieux, qui sortiront nos trois courageuses résistantes des griffes de ces brutes...
     
Séduite par cette oeuvre, qui offre un harmonieux mélange de tragique, de comique et de merveilleux, Adrienne Clostre l'a adaptée et mise en musique, sans toutefois tomber dans le piège d'une modernisation qui aurait précisément masqué tout ce que la revendication du droit au libre arbitre par les trois héroïnes pouvait avoir de révolutionnaire à l'époque où la nonne Hrotsvitha l'écrivit.
     
L'architecture de la salle des thermes gallo-romains de l'hôtel de Cluny servira de cadre à cette création (stricto sensu), composée pour trois voix de très jeunes filles (sans vibrato), une basse grave et un ténor léger et interprétée par des artistes de renom. Ajoutez à cela les masques et les costumes d'Alain Germain, inspirés de l'antiquité et du haut Moyen Age, et vous aurez sans doute une petite idée de la tonalité de ce spectacle."
     
Anne Calmat. Chronic'Art www.chronicart.com/  

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